Lâ€˜Ă©bullition du Temple de ThĂ©mis consĂ©cutive à l’affaire Ngor Diop et Souleymane Teliko dĂ©montre Ă  suffisance que les justiciables ne sont plus en sĂ©curitĂ© dans notre pays. Jadis vitrine de la dĂ©mocratie en Afrique au Sud du Sahara, le SĂ©nĂ©gal est aujourd’hui la risĂ©e de ses voisins. Les juges loyaux vis-Ă -vis du peuple sont malmenĂ©s par une chancellerie aux abois, ankylosĂ©e dans  une condescendance  dont elle a du mal Ă  se dĂ©partir. Ngor Diop et Souleymane Teliko sont de bons juges et c’est pour cette raison qu’ils sont inutiles Ă  la toute puissance publique.

La justice est le pilier de la dĂ©mocratie et une garantie pour les citoyens et l’ensemble des institutions d’un pays. Sous nos  cieux, l’on assiste Ă  une guĂ©guerre inqualifiable entre la chancellerie assoiffĂ©e de puissance et des magistrats exemplaires dont le seul tort est d’ĂȘtre en quĂȘte perpĂ©tuelle d’indĂ©pendance dans le cadre de leur fonction.

Il est vrai que la politique ressemble quelque peu Ă  une locomotrice qui tire tous les wagons d’un pays sur les mĂȘmes rails mais la justice en est une exception qui se doit  ĂȘtre l’aiguilleuse. Dans l’affaire Ngor Diop du nom du juge de Podor  dont on a notifiĂ© une affectation  pour le simple fait d’avoir rendu le droit sur un chef religieux controversĂ© ;il ya de quoi s’inquieter.

Le juge aura subi de fortes pressions de la part du Garde des Sceaux et du Procureur de Saint-Louis afin que ce chef religieux soit Ă©largi dans l’amiable.  Ngor Diop a dit niet et la hiĂ©rarchie a usĂ© de ses manƓuvres pour tenter de l’affecter Ă  ThiĂšs comme conseiller  Ă  la Cour d’appel.

L’Ums a alors attaquĂ© l’affaire  au niveau de la Cour SuprĂȘme. Sur l’affaire Souleymane Teliko Ă©galement, l’on assiste Ă  un bras de fer entre l’Union Nationale des Magistrats du SĂ©nĂ©gal (Ums) et la tutelle. Le point de dĂ©part de cette guĂ©guerre est parti des accusations de corruption entre deux magistrats de la Cour d’appel de Kaolack.

La chancellerie a tentĂ© de trancher l’affaire en couvrant le magistrat qui a trĂšs tĂŽt dĂ©missionnĂ© de l’Ums. L’autre magistrat est ainsi vouĂ© aux gĂ©monies. La fracture se dessine alors entre la Chancellerie et l’Ums. Comble du destin et pour mieux mettre au pas Teliko, la tutelle a dĂ©cidĂ© de  le traduire  devant le Conseil SupĂ©rieur de la Magistrature sous le prĂ©texte d’un commentaire qu’il aurait fait sur une dĂ©cision de justice dĂ©jĂ  spĂ©cifiĂ©e par la Cour de la Cedeao.

Les juges Teliko et Ngor Diop sont de bons juges en ce sens qu’ils s’évertuent Ă  demeurer inutiles  pour la tutelle et inutiles pour qui le Droit est rendu. A charge Ă  la Chancellerie de revoir sa copie  car son image est dĂ©jĂ  lourdement entachĂ©e par ses Ă©quilibrations pour contrĂŽler  le Temple de ThĂ©mis Ă  sa guise.

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