Le prĂ©sident de l’URD et chef de file de l’opposition malienne, SoumaĂŻla CissĂ© a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© ce jeudi 8 octobre 2020. Il Ă©tait en captivitĂ© depuis son enlĂšvement le 25 mars dernier dans le nord du Mali, alors qu’il Ă©tait en campagne pour les Ă©lections lĂ©gislatives.
Il Ă©tait en pleine campagne Ă©lectorale, prĂšs de NiafunkĂ©, dans la rĂ©gion de Tombouctou, son fief. À quatre jours des lĂ©gislatives, SoumaĂŻla CissĂ© et sa dĂ©lĂ©gation, une dizaine de personnes, quittent SarafĂ©rĂ© pour KoumaĂŻra mais ils n’y arriveront jamais. Des hommes armĂ©s attaquent la dĂ©lĂ©gation, tirent
 le garde-du-corps de SoumaĂŻla CissĂ© est tuĂ©.
SoumaĂŻla CissĂ© et le reste de sa dĂ©lĂ©gation sont sĂ©parĂ©s. LibĂ©rĂ©s, eux, graduellement – peut-ĂȘtre parce qu’ils avaient moins de valeur ou qu’ils Ă©taient trop nombreux – les compagnons de SoumaĂŻla CissĂ© tĂ©moignent : d’autres otages civils maliens sont dĂ©tenus dans le mĂȘme camp, mais aucun contact n’est permis. Pas de maltraitance, de l’eau, de la nourriture, et un quotidien rythmĂ© par les priĂšres. L’attaque n’a pas Ă©tĂ© revendiquĂ©e mais des personnes libĂ©rĂ©es expliquent que leurs geĂŽliers se rĂ©clamaient d’al-QaĂŻda au Maghreb islamique (Aqmi).
Un autre tĂ©moin affirme quant Ă  lui que SoumaĂŻla CissĂ© serait rĂ©guliĂšrement attachĂ© Ă  un arbre et qu’il Ă©prouverait des difficultĂ©s pour marcher.Sa libĂ©ration, un enjeu politique
Les mois passent. La libĂ©ration du chef de l’opposition malienne Ă©tait une cause nationale, elle devient un enjeu politique. Des rassemblements ont lieu pour exiger sa libĂ©ration. Les appels sont dirigĂ©s vers ses ravisseurs, ou mĂȘme contre le prĂ©sident aujourd’hui dĂ©chu Ibrahim Boubacar KeĂŻta : des rumeurs mettant en cause la responsabilitĂ© de l’État malien se mettent mĂȘme Ă  circuler.
Pourtant, dĂšs les premiers jours, le gouvernement a mis en place une cellule de crise, dirigĂ©e par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maiga. Il y a aussi celle de l’URD, le parti de SoumaĂŻla CissĂ©, et de multiples initiatives individuelles, comme celle de l’imam Mahmoud Dicko : des discussions avec les ravisseurs ou avec des intermĂ©diaires, sont entamĂ©es.
Mi-juin, le prĂ©sident IBK assure que SoumaĂŻla CissĂ© est en vie, que ses ravisseurs sont identifiĂ©s, et que « s’il plaĂźt Ă  Dieu, il reviendra bientĂŽt ». Fin aoĂ»t, le CICR (ComitĂ© international de la Croix rouge), transmet Ă  sa famille des lettres de SoumaĂŻla CissĂ©, Ă©crites un mois plus tĂŽt.
Depuis la prise du pouvoir par la junte militaire du CNSP, le 18 aoĂ»t, rien n’a filtrĂ© de l’avancĂ©e des nĂ©gociations avec les ravisseurs. Rien, jusqu’au dĂ©nouement.
On se rĂ©jouit Ă  l’URD
Demba TraorĂ© est le chef de communication de la cellule de crise de l’URD, il est Ă©galement l’avocat et un proche de SoumaĂŻla CissĂ©. Il se rĂ©jouit de sa libĂ©ration et avoue qu’il y a eu des moments de dĂ©couragement et de sentiment d’abandon : « Bien sĂ»r que nous avons vĂ©cu ces moment-lĂ . D’abord, son enlĂšvement a Ă©tĂ© trĂšs Ă©tonnant pour nous puisqu’on nous avait assurĂ©s que toutes les conditions sĂ©curitaires Ă©taient rĂ©unies pour que notre pays aille aux Ă©lections lĂ©gislatives. Et bien, qu’on enlĂšve le chef de file de l’opposition dans sa circonscription, ça nous a paru vraiment trĂšs bizarre. Surtout qu’on avait l’impression Ă  un moment donnĂ© que les nĂ©gociations ne se faisaient pas du tout. »
« Donc, poursuit Demba TraorĂ©, il y a eu surtout une dĂ©claration du prĂ©sident de la RĂ©publique Ă  l’Ă©poque, monsieur Ibrahim Boubacar KeĂŻta, qui a annoncĂ© le 16 juin que SoumaĂŻla allait bien et qu’il allait ĂȘtre libĂ©rĂ© trĂšs bientĂŽt. Nous Ă©tions en train de regarder le calendrier, les jours passaient, les heures passaient et rien de plus, rien n’arrivait. On Ă©tait de plus en plus inquiets, surtout que nos rĂ©seaux sociaux Ă©taient inondĂ©s de fake news. Il y a eu des moments oĂč on a mĂȘme appris qu’on a retrouvĂ© son corps sans vie Ă  45 kilomĂštres de NiafunkĂ©. On Ă©tait vraiment inquiets ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaĂźt entrez votre commentaire!
S'il vous plaĂźt entrez votre nom ici