Dans ce litige foncier, les populations des villages de Boucotte Mancagne et de Baraf situĂ©s dans ladite commune sont abandonnĂ©es Ă  elles-mĂȘmes. Et pourtant, les surfaces en jeu sont plus importantes que celles qui ont causĂ© l’émoi et la consternation ces derniers mois dans le pays.

En s’intĂ©ressant Ă  ce dossier, nous nous sommes rendus Ă  l’évidence que ces populations villageoises ont Ă©tĂ© roulĂ©es dans la farine depuis le dĂ©part. Des « vampires fonciers » ont trouvĂ© des populations dĂ©sarmĂ©es et les ont piĂ©gĂ©es, bernĂ©es et vampirisĂ©es.

MalgrĂ© tout, les contestataires sont diabolisĂ©s parce que simplement, Ă  un certain moment, leurs deux villages Ă©taient en accord avec les lotisseurs au moment oĂč ceux de Mandina Mancagne et de Djibeuneu s’étaient retirĂ©s trĂšs tĂŽt de ce qu’ils voyaient dĂ©jĂ  comme une arnaque. En plus, tout au dĂ©but, ils n’ont pas su harmoniser leur plan de communication. Et ceux des villageois dont on dit qu’ils ont pris leurs lots n’ont jamais acceptĂ© la derniĂšre clĂ© de rĂ©partition qui leur a Ă©tĂ© imposĂ©e.

Aux dires du vice-SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral (SG) du ComitĂ© de Veille et d’Alerte (CVA) que j’ai rencontrĂ©, il Ă©tait question d’un projet d’alignement, Ă  leurs frais, afin de faciliter l’écoulement des rĂ©coltes tirĂ©es de leurs vergers. C’est par la suite que ces villageois ont Ă©tĂ© approchĂ©s par le prĂ©sident de la Commission domaniale de ladite commune qui dit que la mairie disposerait, avec des partenaires, d’une enveloppe de 02 milliards pour procĂ©der au lotissement.

Sur cette base, une premiĂšre clĂ© de rĂ©partition a Ă©tĂ© fixĂ©e : 60% des terres pour les populations et 40% pour la mairie. C’est aprĂšs que la mairie est revenue pour dire qu’elle n’a plus les 02 milliards, d’oĂč l’entrĂ©e dans la danse de la SociĂ©tĂ© civile immobiliĂšre Toit du Sud (SCI Toit du Sud).https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-2842182435104673&output=html&h=280&adk=4042381038&adf=1178847603&w=753&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1599299152&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1658624075&psa=1&guci=2.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=753×280&url=https%3A%2F%2Fsenego.com%2Flitige-foncier-a-ziguinchor-un-scandale-sur-592-hectares-a-niaguis_1151278.html&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=189&rw=753&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8O7M-gUQjtDY_YyuiPB4EkcA7m0QzH55ThlZRf5VlOI5GWqzGJ535-pl7wy_KVR7rKJ0bhoxSFoDNrmRvamc-G7r5PKDv3op8V_zwX36EZgsX-FL1-K-ow&dt=1599299380295&bpp=3&bdt=1179&idt=-M&shv=r20200831&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&cookie=ID%3D6218b1a9f2b3910d%3AT%3D1597571910%3AS%3DALNI_MbAW4Gd6QT1fSkCm0kLe5wELQuS4g&prev_fmts=0x0%2C1158x280%2C753x280%2C363x280%2C753x280&nras=3&correlator=4172491921973&frm=20&pv=1&ga_vid=988251812.1597571908&ga_sid=1599299380&ga_hid=2113685394&ga_fc=0&iag=0&icsg=42469946&dssz=20&mdo=0&mso=0&u_tz=0&u_his=3&u_java=0&u_h=800&u_w=1280&u_ah=739&u_aw=1280&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=5&adx=61&ady=2297&biw=1280&bih=579&scr_x=0&scr_y=0&eid=44726949%2C21066468%2C21066897&oid=3&pvsid=578590350965947&pem=473&ref=https%3A%2F%2Fsenego.com%2F&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=0%2C23%2C0%2C23%2C1280%2C23%2C1280%2C739%2C1280%2C579&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&jar=2020-09-02-11&ifi=6&uci=a!6&btvi=3&fsb=1&xpc=HFg8cVznHv&p=https%3A//senego.com&dtd=129

DĂšs lors, une deuxiĂšme clĂ© de rĂ©partition est fixĂ©e avec, cette fois-ci, la prise en compte des 15% pour la voierie, 15% pour les activitĂ©s et Ă©quipements et 70% pour l’habitat et ses annexes comme prĂ©vu par l’article R 78 du dĂ©cret N° 2009-1450 du 30 dĂ©cembre 2009 portant partie rĂšglementaire du Code de l’Urbanisme. Sur cette base, les 70% des terres (considĂ©rĂ©es globalement, Ă  savoir 100%) sont rĂ©parties comme suit : 15% pour la mairie, 25% pour la SCI Toit du Sud et 60% pour les populations.

Ni pour la premiĂšre encore moins pour la deuxiĂšme clĂ© de rĂ©partition, la mairie de Niaguis n’a pas pris le soin de parapher un document sous forme de convention qui matĂ©rialiserait les accords entre les deux parties. Etant donnĂ© qu’elle a signĂ© une convention avec la SCI Toit du Sud.

À l’arrivĂ©e, une troisiĂšme clĂ© de rĂ©partition, non dĂ©finie au dĂ©part, est imposĂ©e aux populations puis dĂ©duit d’abord 50% pour la voierie, les activitĂ©s et les Ă©quipements avant que les 50% des terres restantes (considĂ©rĂ©es toujours comme un tout, 100%) soient rĂ©parties en raison de 15% pour la mairie, 25% pour la SCI Toit du Sud et 60% pour les populations. Ces derniĂšres se voient alors dĂ©possĂ©dĂ©es de presque Ÿ de leurs terres.

À y voir de plus clair, on arrive Ă  la conclusion selon laquelle rien ne justifiait la part attribuĂ©e Ă  la mairie de Niaguis et destinĂ©e Ă  « gĂ©rer et rĂ©gulariser tous les contentieux et irrĂ©gularitĂ©s » chimĂ©riques. Au mĂȘme titre que celle accordĂ©e Ă  la SCI Toit du Sud qui dit avoir menĂ© des Ă©tudes dont on ne voit pas l’utilitĂ©, posĂ© seulement les bornes avec le concours des villageois et sans avoir menĂ© les travaux de viabilisation. Sans parler des 50% des terres rĂ©servĂ©es Ă  la voierie, aux activitĂ©s et Ă©quipements lĂ  oĂč la norme nationale est de 30%.

C’est comme ça que la brouille a commencĂ© entre la mairie et les populations jusqu’à ce qu’il s’ensuive le mandat de dĂ©pĂŽt dĂ©cernĂ© Ă  quatre membres du CVA qui croupissent encore dans la MAC de Ziguinchor parce qu’ils ont dĂ©terrĂ© les bornes. Ce qui constitue une aberration.

Les terres appartiennent aux populations donc il y a la primautĂ© de leur propriĂ©tĂ© sur les biens de la mairie et de la SCI Toit du Sud, Ă  savoir les bornes. C’est comme si quelqu’un posait sa chaise dans ma demeure, la faire dĂ©placer de chez moi serait-il un crime ? Non !

Cette propriĂ©tĂ© est consacrĂ©e par l’article 25-1 de la Constitution « Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisĂ©es pour l’amĂ©lioration de ses conditions de vie.
L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon Ă  gĂ©nĂ©rer une croissance Ă©conomique, Ă  promouvoir le bien-ĂȘtre de la population en gĂ©nĂ©ral et Ă  ĂȘtre Ă©cologiquement durables.

L’État et les collectivitĂ©s territoriales ont l’obligation de veiller Ă  la prĂ©servation de patrimoine foncier ».

MĂȘme la loi sur le Domaine national consacre leur propriĂ©tĂ© sur ces terres. Qu’est ce qui explique alors la mise aux arrĂȘts de ces quatre personnes qui ne sont toujours pas jugĂ©es ? Nous avons le sentiment que cette procĂ©dure n’est qu’un moyen de chantage pour pousser ces populations Ă  la nĂ©gociation. Parce que les populations sont toujours en position de force.

La mairie et la SCI Toit du Sud le savent et lorsque sera venu le moment de viabiliser cet espace, on verra comment elles vont se dĂ©brouiller pour abattre les arbres fruitiers dans les vergers appartenant aux populations. Car nul ne peut abattre ces arbres fruitiers sans l’aval des propriĂ©taires et avant qu’ils ne soient indemnisĂ©s sur la base d’un barĂšme dĂ©fini d’un commune accord.
Cette grosse arnaque a pu avoir lieu grñce au chantage car on a fait croire que si ce lotissement ne venait pas à avoir lieu, la commune de Ziguinchor allait s’accaparer de ces terres et faire un lotissement avec des parcelles de petites tailles. On a aussi fait croire que la norme nationale n’acceptait pas le morcellement avec des parcelles de grandes tailles.

C’est la peur au ventre que ces populations ont acceptĂ© ce cadeau empoisonnĂ©. Il est vrai que Ziguinchor a un projet d’extension de 4372 ha mais le principe de non tutelle entre les collectivitĂ©s territoriales s’impose et que la commune de Ziguinchor ne peut nullement intervenir en solo en ce sens.
Au vu de ce qui prĂ©cĂšde, la conclusion est que toutes, populations, mairie et SCI Toit du Sud, sont embarquĂ©es sur un mĂȘme bateau de fortune qui tangue malgrĂ© que les premiĂšres citĂ©es soient encore en position de force.

C’est pourquoi il est aujourd’hui impĂ©rieux de repartir sur de nouvelles bases en mettant Ă  la disposition des populations toutes les informations inhĂ©rentes Ă  ce projet. Elles demandent surtout de disposer de « L’arrĂȘtĂ© du Ministre du Renouveau urbain, du Catre de vie et de l’Habitat N° 14746 du 18 aout 2017 » dont on dit qu’il est Ă  l’origine dudit lotissement ainsi que du plan de lotissement.

Qu’une nouvelle convention tripartite soit ficelĂ©e. Il faudra qu’un barĂšme d’indemnisation prĂ©alable soit dĂ©fini car ce lotissement emportera les vergers. Que la SCI Toit du Sud s’acquitte de son devoir de viabilisation en mettant Ă  la disposition de tous, les piĂšces justificatives des dĂ©penses. Que les villageois soient attributaires de parcelles de grande taille afin de pouvoir mener leurs activitĂ©s paysannes. Et que les dĂ©tenus soient libĂ©rĂ©s dans les meilleurs dĂ©lais.

Soumaila MANGA, président Debout Pour La Patrie-DLP
Membre du Mouvement JUSCA

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