Le racisme, l’état des lieux au Portugal


“En Europe, la nĂ©gation du racisme structurel est la rĂšgle et le Portugal ne fait pas exception. Les institutions et la sociĂ©tĂ© civile portugaises n’ont pas traitĂ© de maniĂšre adĂ©quate l’histoire et l’hĂ©ritage du colonialisme et de l’esclavage racial. Les plaintes pour discrimination raciale et crimes racistes font rarement l’objet de poursuites et le nombre de condamnations est trĂšs faible. Au cours des cinq derniĂšres annĂ©es, le renforcement des organisations antiracistes et du mouvement noir a dĂ©stabilisĂ© les approches politiques conventionnelles du racisme institutionnel, de la violence raciste et du harcĂšlement racial.

Dans ce contexte, les rĂ©actions du public aux rapports de violence policiĂšre et aux discours d’extrĂȘme droite se sont intensifiĂ©es. Le 11 aoĂ»t, le militant antiraciste Mamadou Ba et neuf autres personnes (militants antiracistes, antifascistes et LGBT, dĂ©putĂ©s et dirigeants syndicaux) ont reçu un courriel envoyĂ© par le mouvement nĂ©o-nazi autoproclamĂ© New Order of Avis – National Resistance qui les menaçait, ainsi que leurs familles, de subir des consĂ©quences s’ils ne quittaient pas le pays dans les 48 heures. En juillet, le siĂšge du mouvement SOS Racisme Ă  Lisbonne avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© vandalisĂ© avec un tableau au mur sur lequel on pouvait lire : “Guerre contre les ennemis de ma terre”. En aoĂ»t, trois jours avant l’envoi du courriel, un groupe de nĂ©o-nazis s’est rĂ©uni faisant allusion au KKK, avec des torches et des masques blancs.

Des nĂ©o-nazis  et la police menacent Mamadou Ba

Mamadou Ba est un Ă©minent dĂ©fenseur des droits des migrants et membre de SOS Racisme depuis plus de deux dĂ©cennies. Depuis 2012, il a reçu des menaces de la part de personnes et d’organisations nĂ©o-nazies et d’extrĂȘme droite qui se sont dĂ©veloppĂ©es en 2019. AprĂšs un commentaire sur les rĂ©seaux sociaux en rĂ©ponse aux commentaires de certains militants de gauche Ă  la manifestation d’un groupe de jeunes, Mamadou Ba a utilisĂ© l’expression “merde de flic” et dans les semaines qui ont suivi, il a Ă©tĂ© persĂ©cutĂ© et harcelĂ© par des membres de l’extrĂȘme droite. Deux syndicats de police (Associação Sindical dos Profissionais da PolĂ­cia et Sindicato Vertical de Carreiras da PolĂ­cia) ont dĂ©posĂ© une plainte contre lui, l’accusant de diffamation.

Les discours de haine et autres harcĂšlements

Les discours de haine et le harcĂšlement sur les rĂ©seaux sociaux Ă  l’encontre des militants noirs antiracistes sont devenus quotidiens ; certains dirigeants de syndicats de police sont membres de Chega – un parti d’extrĂȘme droite dont le dĂ©putĂ© Ă©lu au Parlement, AndrĂ© Ventura, depuis les derniĂšres Ă©lections lĂ©gislatives de 2019 – un ancien membre du PSD (Parti social-dĂ©mocrate), un parti nĂ©o-libĂ©ral. Cependant, l’élection de trois femmes noires au Parlement, qui, bien que d’origines diffĂ©rentes, se sont toutes engagĂ©es dans la lutte antiraciste, a rendu le racisme structurel au Portugal encore plus explicite.

Mort Ă  ce racisme

(
) Nous voulons exprimer notre soutien Ă  Mamadou Ba et Ă  sa famille, ainsi que notre solidaritĂ© avec le mouvement noir au Portugal. Nous soutenons les protestations et la mobilisation collective des mouvements et organisations antiracistes au Portugal. Nous joignons notre voix Ă  la sienne contre le silence et le nĂ©gationnisme. Nous ajoutons notre voix Ă  leur appel Ă  la responsabilitĂ© politique et juridique et Ă  la nĂ©cessitĂ© d’actions concrĂštes pour transformer la rĂ©alitĂ© du racisme structurel au Portugal, qui s’exprime par la brutalitĂ©â€.

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