Lynchage sur les réseaux sociaux : Après Krépin, c’est au tour de Miss Sénégal*

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Ce dimanche, en faisant un tour sur Facebook je suis tombé sur l’information selon laquelle, miss Fatick a été élue Miss Sénégal 2020. Mais un autre phénomène a négativement attiré mon attention : cette même miss se fait lyncher sur les réseaux sociaux ; par qui ? Par des jeunes comme elle, garçons et filles. C’est exactement en ce moment que je venais de trouver la réponse à quelques questions qui me taraudaient l’esprit depuis plusieurs mois : Pourquoi beaucoup de jeunes sénégalais font preuve d’introversion ? Qu’est ce qui fait qu’ils soient aussi nombreux à manquer de confiance en eux mêmes ? Pourquoi ont-ils du mal à s’exprimer ?

Au début, notre enfance

Avec un peu de science, nous pouvons remonter à notre enfance et y trouver la réponse à ces questions. Comprenons que quand nous devons par exemple prendre la parole en public ; ou bien parler une langue que nous ne maîtrisons pas. C’est notre subconscient, représenté par cette petite voix intérieure, qui nous répète « attention aux fautes sinon ils vont se moquer de toi », « tu n’es pas assez intelligent pour parler de ce sujet » ou bien « ne t’expose pas comme ça, n’oublie pas que tu n’es pas belle ». Mais cette petite voix peut aussi nous dire « vas-y tu peux le faire, tu t’exprimes bien en français » ; « tu es très belle et tu as confiance en tes compétences » etc.

Mais pourquoi cette petite voix est positive pour certains et négative chez d’autres. Parce que tout simplement, notre subconscient a été programmé entre zéro et cinq ans et il a deux spécificités : il ne rejette aucune information et ne peut faire la différence entre le vrai et le faux. Donc durant cette période, si on répète à l’enfant « tais-toi, tu ne dis que des bêtises », « tu es moche, tu es grosse, tu es trop noir » ou on se moque de lui juste parce qu’il a dit « le » au lieu de « la » ; ne soyons pas étonnés de constater plus tard, que cet enfant devenu adulte a développé certains complexes. Et si l’autre personne a une voix intérieure positive, c’est sûrement parce qu’elle a grandi dans un environnement où les adultes étaient plus avertis et préféraient encourager au lieu de blâmer, rectifier au lieu de se moquer, valoriser au lieu de dévaloriser.

Hier c’était Krépin Diatta, aujourd’hui c’est Fatoumata Dione

Malheureusement pour nous Sénégalais, c’est généralement le premier cas qui est plus fréquent. Nous avons la fâcheuse habitude de nous moquer des imperfections, des caractéristiques physiques et des erreurs de l’autre. Il y a quelques mois, c’était Krépin Diatta, aujourd’hui c’est au tour de Fatoumata Dione, miss Sénégal 2020. J’imagine que le moral de cette dernière vient de prendre un sacré coup cette journée du dimanche et si elle n’est pas forte mentalement, elle va perdre confiance en elle et dire adieu aux podiums.

Je voudrai aussi attirer l’attention de tous, que les violences faites aux femmes ne sont pas que physiques. Ce que certains internautes sont en train de faire vivre à cette fille, fait partie des pires formes de violence. Si nous faisons preuve d’empathie en nous mettant à sa place, nous allons rapidement nous rendre compte qu’être humiliée de la sorte, là où elle s’attendait à des félicitations peut faire très mal.

Ces femmes qui participent à cette violence…

Ce qui me fait encore plus mal, c’est de constater que nombreuses sont les femmes qui participent à cette violence infligée à une des leurs. Mesdames, si vous voulez mettre fin à vos maux, vous devez être solidaires entre vous-mêmes et dire non à toutes les formes de violences, surtout celles faites aux femmes par des femmes !

Je ne suis ni sociologue, ni psychologue, ni philosophe encore moins scientifique et je n’ai aucune prétention de détenir la vérité. Je suis un simple formateur au sens littéral du terme qui ne fait que partager des informations utiles.
A bon entendeur…

*Amadou NIANG

Formateur en leadership et communication

interpersonnelle