Contestations sociales et répression policière en Irak

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D’importants mouvements de contestation secouent Bagdad et plusieurs autres villes irakiennes. C’est la contestation sociale la plus importante depuis la mise en place du nouveau gouvernement il y a près d’un an. Et la répression est violente.

Deux manifestants sont morts mardi 1er octobre, à Bagdad et dans la province de Zi Qar (300 km au sud), et il y a eu plus de 200 blessés recensés par les responsables de la Santé. Et ce 2 octobre encore, les balles sifflent dans les rues de Bagdad. On entend des tirs de sommation. Les forces de l’ordre cherchent à tout prix à disperser la foule. Mais les Irakiens sont en colère et les tirs à balles réelles ne les arrêtent pas. Leur mouvement, inédit à Bagdad, et dans les autres villes du sud du pays n’est pas né de l’appel d’un parti politique ou d’un leader religieux.

Le fruit du mécontentement

C’est au contraire le fruit du mécontentement. Les manifestants dénoncent l’inefficacité des services publics ou encore le chômage galopant. La richesse pétrolière de l’Irak tranche avec la pauvreté de sa population. La jeunesse n’a aucune perspective d’avenir. Presque seul et unique choix pour les jeunes Irakiens : s’engager dans l’armée.

La police anti-émeute a d’abord utilisé des canons à eau, des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Puis, à Bagdad, le son des armes automatiques a commencé à résonner. L’usage de la force est excessif. Mais le gouvernement irakien se justifie, il accuse « des saboteurs » de vouloir propager la « violence ».

Appel à la retenue

Au sommet de l’État, le président irakien Barham Saleh appelle à la retenue. Il écrit également sur Twitter. « Nos jeunes veulent des réformes et du travail, c’est notre devoir de satisfaire ces demandes légitimes ».