Dr Catherine Solano, médecin sexologue sur Rfi : « Ce qui est excellent, c’est l’intense circulation du sang dans la zone sexuelle »

0
51 views

Dans une de ses chroniques sur Rfi, le médecin, Dr Catherine Solano s’est penchée sur la sexualité pendant la grossesse. Entre plaisirs, risques et bienfaits, la sexologue dit tout !

La grossesse est un moment où la plupart des couples devraient naturellement beaucoup faire l’amour, et avec plaisir. Toutefois, des difficultés peuvent exister et en général, c’est dû à la grande fatigue de la femme, cette envie de dormir qu’une femme ressent lors du premier trimestre et qui est liée aux hormones. Si en plus elle a des nausées ou des vomissements, elle n’est pas très sensible ni réceptive au désir ! Et lorsque les nausées s’arrêtent, on appelle parfois cette période « la lune de miel de la grossesse ». La fatigue de la femme s’envole, ses nausées disparaissent, elle a les seins bien épanouis et le volume de son ventre ne la gêne pas encore.

En plus, ce qui est excellent sur le plan sexuel, c’est l’intense circulation du sang dans la zone sexuelle. Cela sert à apporter à l’enfant l’oxygène et les nutriments dont il a besoin. Cette circulation augmente aussi la lubrification vaginale et les sensations sexuelles féminines. Du coup, beaucoup de femmes ressentent nettement plus de plaisir et souvent plus de désir que d’habitude. D’ailleurs des études ont montré qu’une femme sur 5 découvre son premier orgasme pendant une grossesse, et ça se passe plutôt au cours du deuxième trimestre !

Des études montrent qu’il n’y a pas de risque de déclencher l’accouchement à cause d’un rapport sexuel. Bien sûr, si votre médecin vous l’interdit, il faut l’écouter. Mais autrefois, beaucoup de médecins interdisaient les relations sexuelles aux femmes à risque d’accouchement prématuré et ils ne le faisaient plus par principe de précaution parce que le risque était prouvé.

« Certains médecins disent même que pendant l’orgasme de sa maman, il est probable que l’enfant ressente un effet « Jacuzzi » plutôt agréable »

Le problème de la fin de grossesse, c’est surtout l’inconfort lié au volume du ventre. Les couples sont obligés d’inventer des positions plus confortables, ce qui introduit souvent un changement qui peut être intéressant dans leurs relations sexuelles.

Et puis, spontanément, les couples ont de moins en moins de relations sexuelles les deux derniers mois, c’est ce que l’on observe.

Par ailleurs, certains couples ont peur de faire mal au bébé, d’autres ont l’impression de se sentir observés par le bébé et ça les gêne beaucoup. C’est plutôt notre imagination qui travaille, nos fantasmes qui nous font peur.

Le pénis, même tout au fond du vagin ne peut pas atteindre l’enfant qui est séparé du vagin par le col de l’utérus bien fermé, et par le liquide amniotique. Le liquide le protège. Certains médecins disent même que pendant l’orgasme de sa maman, il est probable qu’il ressente un effet « Jacuzzi » plutôt agréable. C’est d’autant plus logique que l’enfant ressent certainement les émotions de sa mère. Si elle est épanouie, heureuse, si après l’amour elle est inondée d’hormones de bien-être, cela ne peut que faire du bien à l’enfant. Avoir des parents qui s’aiment et le sentir, c’est toujours un point positif.

Bon à savoir pour une relation sexuelle épanouie pendant la grossesse

Il faut :

Faire l’amour autant que l’on en a envie pendant la grossesse

S’adapter au niveau des postures à cause du ventre et parfois des douleurs au niveau des ligaments chez la femme (le poids du bébé et du ventre tire !)

S’écouter : si une posture entraîne une gêne chez la mère, il faut l’éviter.

Accepter et comprendre qu’il y a forcément des changements pendant une grossesse. Ils sont physiques, hormonaux, et aussi psychologiques et il faut les prendre en compte. Il faut accepter de composer avec tout ça.

Et pour finir, communiquer, dire à l’autre ce que l’on ressent. Les couples qui passent au mieux les moments d’une grossesse sont ceux qui ont une bonne communication qui leur permet de se comprendre et de se soutenir. Donc il faut oser parler de ses peurs, de ses questions avec l’autre.