Aujourd’hui 5 septembre 1895, face-à-face entre Cheikh Ahmadou Bamba et le Conseil Privé de Saint-Louis

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Accusé de troubles, sur la base de dénonciations calomnieuses, Cheikh Ahmadou Bamba sera convoqué à Saint-Louis où l’attend un procès. Interpellé à Diéwol le samedi 10 août 1895, le Conseil Privé de Saint-Louis va statuer sur le cas du fondateur du mouridisme moins d’un mois après. Ainsi, sera retenu contre lui l’internement au Gabon à compter du 21 septembre 1895. Cette décision du 5 septembre est surtout prise pour mettre fin à l’expansion de l’idéologie mouride.

Le 5 septembre 1895, le Conseil privé du gouvernement du Sénégal se réunit à 9 heures pour décider du sort du fondateur du mouridisme. S’il est vrai que les chefs d’accusation retenus contre lui sont fallacieux, l’administration va quand même aller jusqu’au bout de sa logique : déporter le Cheikh le plus loin et le plus vite possible. En effet, le Conseil privé affirme : « si l’on n’a pas pu relever contre Ahmadou Bamba aucun fait de prédication de guerre sainte bien évident, son attitude, ses agissements, surtout ceux de ses principaux élèves sont de tous points suspects ».

La déportation au Gabon sera décidée à l’unanimité par les membres du conseil, mais elle devra avoir lieu le 21 septembre 1895. L’exil dans la forêt de Mayumba va durer 7 ans, puisque Cheikh Ahmadou Bamba sera de retour au Sénégal le 11 novembre 1902. A la grande surprise de l’administration coloniale, l’expansion de la confrérie du Cheikh atteint des proportions insoupçonnées, ce qui lui vaudra un deuxième exil en Mauritanie de 1903 à 1907.

Le fait le plus marquant lors de la séance du 5 septembre 1895 est les 2 rakkas que le Cheikh Ahmadou Bamba a priés dans la salle de délibération, devant les colons. Aujourd’hui, cette séance de prière est commémorée chaque année à Saint-Louis où de plus en plus de monde accourent pour rendre hommage à Cheikh Ahmadou Bamba.